Les étoiles dans le caniveau

Les étoiles dans le caniveau

Au pays qui te ressemble...

 Paris, juillet 2013

 

Mon enfant, ma sœur,

Songe à la douceur

D'aller là-bas vivre ensemble !

 

En ces temps de grandes vacances et de migrations afférentes, je veux croire que le poète ne nous invite pas à choisir entre le camping de Palavas-les flots ou l’hôtel Beau-Rivage de la Tranche-sur-mer comme destination estivale, mais plutôt à ré-inventer notre monde  A repenser nos vies…

 

Notre démocratie est moribonde. Que dis-je ? Elle est morte et son cadavre pue.

En 1973, adolescent, je pleurais sur le palais de la Moneda en flammes et sur le coup d’état chilien.

En 2013, je me réjouis d’un coup d’état militaire en Egypte.

Entre les deux ; quarante ans d’espoir déçus, de compromissions, de couleuvres avalées, d’abandons de promesses pour cause de réalisme politique, de trahisons et de manquement à la parole donnée,

Jusqu’à cet homme politique, que l’on pourrait qualifier de cynique si ce n’était insulter Diogène de Sinope, qui affirma matoisement que « les promesses n’engageaient que ceux qui les écoutaient… »

 

Oui, je suis las d’avoir le droit de voter, une fois tous les cinq ans, pour des personnes présentées par des états-majors politiques  et qui, une fois élues, auront le droit à peu près illimité d’agir selon leur bon vouloir.

Las d’être obligé d’accepter en bloc, à chaque élection, un catalogue de promesses dont on approuve un tiers, en désapprouve un autre, et dont le troisième tiers ne sera de toute façons pas tenu.

Las de voir le système politique actuel, constitué il y a deux siècles sur la base d’idées qui en ont trois, être incapable de réagir aux changements du monde.

 

En tout cas un système qui, étant de gauche, vous force à voter à droite pour éviter l’élection d’une extrême-droite, qui vous force à contempler la précarisation du travail et la destruction des services publics par un gouvernement « de gauche », qui oublie dans ses petites préoccupation politiciennes les trois quarts du monde qui meurt de malnutrition ou de manque d’accès aux soins de base est à terme condamné.

 

Mon enfant, ma sœur, il nous faut trouver autre chose…Démocratie participative, démocratie de proximité, phalanstère Fouriériste ou fédéralisme autogestionnaire, égocratie de Michel Serres… aristocratie étymologique même (gouvernement par les meilleurs)....les possibilités sont infinies.

Dans tous les cas, il nous faut reprendre le pouvoir, la rue, le quartier, les associations….

Il n'y aura pas de grands soirs, mais de belles journées où nous changerons notre monde.

Le pouvoir est nôtre.

 

Nous avons le devoir de dire Non, le pouvoir de dire Oui ….

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

 

Lors donc que je vois accorder le droit et la faculté de tout faire à une puissance quelconque, qu'on appelle peuple ou roi, démocratie ou aristocratie, qu'on l'exerce dans une monarchie ou dans une république, je dis : là est le germe de la tyrannie, et je cherche à aller vivre sous d'autres lois.

Alexis de Tocqueville

 

Le destin d’un pays ne dépend pas de votre façon de voter — le pire des hommes est aussi bon à ce jeu que le meilleur des hommes. Il ne dépend pas du type de bulletin que vous déposez dans l’urne une fois par an, mais du type d’homme que vous déposez depuis votre chambre jusque dans la rue chaque matin.

Henry David Thoreau



10/07/2013
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